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Momo au-delà du 55 Nord
La grande aventure de Momo au-delà du 55 e parallèle Nord

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Rencontre avec les boeufs musqués
Article mis en ligne le 2 octobre 2016

par Momo

Samedi, 24 septembre 2016

Il fait 9 degrés. Le soleil est au rendez-vous. Mes amies Hélène et Linda sont prêtes pour une escapade sur la toundra à la recherche de bœufs musqués.

Nous nous donnons rendez-vous vers 14h30 pour partir le long d’une route qui suit la rivière Koksoak. Molly, la chihuahua fait partie du groupe également. Elle est bien emmitouflée dans sa veste.

Le paysage est splendide. Les couleurs chatoyantes s’offrent à nous, la végétation est caressée par le soleil d’automne. Nous arrivons sur un plateau ou nous avons une superbe vue de la rivière Koksoak. Des tupicks sont encore dressés ça et là.
Nous sortons de la voiture pour profiter pleinement du paysage. Nous descendons la petite colline, regardons par terre pour guetter les petites baies qui se présentent à nous. Hélène a toujours un récipient avec elle ! Molly nous suit gaiement.
Lorsque Linda dit : « Ils sont là » !
Le soleil face à moi, j’ai eu de la difficulté à les apercevoir. Je ne voyais que des roches. Je ne voulais pas dire à Linda : « mais non, Linda, tu vois des roches ». Mes amies s’approchent de ces masses.
Je n’ai d’autre choix que de les suivre.
Lorsque tout d’un coup, ma roche bouge. Mais oui, Linda a raison : Ils sont là !!!!

Quel spectacle époustouflant, magnifique. Je suis bouche-bée.
Ils sont environ une dizaine devant nous. Des adultes et des plus jeunes. Paisibles, à brouter, à manger certainement les petites baies que nous voyons tout autour de nous.
Lorsque nous nous approchons, ils nous fuient toujours aussi paisiblement, sans mouvements brusques, tranquillement. Tout est apaisant. Molly commence à aboyer et à s’ennerver. Ce petit chien de 5 lbs contre ces mastodontes !!! c’est comique mais aussi peu rassurant lorsque les plus gros adultes nous guettent.
Aussitôt, Hélène nous dit calmement : « ne bougez plus, baisser la tête, ne les regarder pas ! »
Oui mais moi je veux prendre une photo quand ils me regardent.

Nous avançons tout doucement vers eux. Nous les regardons, nous les observons. Ils marchent en sens opposé. Nous les suivons. Ils nous regardent. Nous baissons les yeux et faisons semblant de ramasser des baies. Je sens mon cœur qui bat à toute allure.
Je suis tellement bien !

Soudain, la majorité du troupeau se couchent. Un seul adulte est debout à nous observer. Puis, lui aussi se couche. Nous ne sommes pas une menace. Je mitraille de photos avec mon appareil.
C’était mon rêve ! Voir les bœufs musqués du Grand Nord.

L’histoire des bœufs musqués au Nunavik remonte à août 1967. Quinze jeunes bœufs musqués, capturés dans les environs d’Eureka sur l’île d’Ellesmere, ont alors été transportés sur une ferme expérimentale située au Vieux-Chimo (Kuujjuatuqaaq), à quelques kilomètres en aval du village actuel de Kuujjuaq. On espérait alors que l’animal en captivité pouvait être domestiqué, afin d’insuffler un dynamisme nouveau au développement socioéconomique. On comptait sur la laine (qiviut) douce et fine du bœuf musqué pour faire des vêtements chauds, très utiles pendant les hivers froids et rigoureux, et sur la viande de l’animal qui aurait pu être intégrée au régime alimentaire des Inuits pendant les périodes où le caribou se serait fait rare. Bien que l’expérience socioéconomique n’ait pas produit les résultats escomptés, l’introduction du bœuf musqué dans la toundra du Nunavik a été un grand succès.

Au Nunavik, on a d’abord relâché trois veaux dans la nature en 1973, près de Tasiujaq. Au moment où la ferme expérimentale du Vieux-Chimo a cessé toute activité au mois d’août 1983, 52 bêtes au total avaient été relâchées à divers endroits de la région. Le nouvel environnement dans lequel ils se sont retrouvés a semblé très bien leur convenir et ils ont commencé à se reproduire avec succès dans la nature. On estime aujourd’hui la population de bœufs musqués du Nunavik à plus de 2 000 têtes, répartie dans toute la région. Toutefois, comme leur situation demeure précaire, la chasse du bœuf musqué est réglementée par un système de quotas, mais les visiteurs peuvent les photographier à loisir.

Les bœufs musqués, appelés umimmaq en inuktitut (les barbus), sont l’une des plus anciennes espèces de mammifères encore présentes sur terre. Il y a environ un million d’années, les ancêtres de ces bovidés parcouraient les steppes du nord de l’Asie aux côtés des mammouths. Il y a plus de 90 000 ans, ils ont traversé le détroit de Béring entre la Sibérie et l’Alaska et ont peuplé l’Amérique du Nord. On a trouvé des fossiles de cet animal à plusieurs endroits au Canada et aux États-Unis, notamment en Saskatchewan, en Ontario et en Nouvelle-Angleterre. Sources : http://www.nunavik-tourism.com

La nuit commence à tomber. Les journées raccourcissent très vite ici en ce temps-ci de l’année. Nous reprenons notre chemin du retour. La toundra est magnifique et je ne me lasse pas de la regarder. Nous apercevons des petites cabanes vertes le long de la route. Il y un petit poêle a bois, du bois de chauffage et une trousse de premiers secours. Le voyageur peut s’y réfugier en cas d’urgence.

Hélène nous dit que le spectacle est grandiose de voir le soleil se coucher à l’horizon. Nous roulons. Tout à coup Hélène crit : Stop !!!! le soleil de couche . C’est le moment.
Nous sortons de la voiture et attendons que le soleil ne fait plus qu’un avec l’horizon. Oui, Hélène, tu as raison, le spectacle est grandiose !

Nous rentrons chez nous, tard, fatiguée, mais de belles images pleins la tête.